
Créer une mare naturelle au jardin demande peu de moyens : un trou creusé en paliers, une bâche EPDM, de l'eau de pluie et quelques plantes locales suffisent à installer un écosystème complet en une saison. Dès le premier printemps, libellules, grenouilles et oiseaux viennent s'y abreuver. Comptez entre 150 et 600 € selon la taille et les matériaux, pour un point d'eau qui transformera durablement la biodiversité de votre jardin.
Pourquoi installer une mare naturelle dans son jardin
Une mare, même de quelques mètres carrés, agit comme un réservoir de biodiversité. Selon l'Office français de la biodiversité, plus de 30 % des mares rurales ont disparu en France depuis les années 1950, principalement à cause du remembrement agricole et de l'urbanisation. Recréer ce type de milieu à l'échelle du jardin particulier compense partiellement cette perte et offre un point d'eau vital aux amphibiens, insectes et oiseaux, notamment en période de sécheresse estivale.
Contrairement au bassin ornemental avec poissons, la mare naturelle privilégie la vie sauvage : pas de carpes koï qui dévorent têtards et larves, mais des plantes indigènes et une gestion minimale.
Choisir le bon emplacement
L'emplacement conditionne la réussite du projet. Trois critères priment :
- Ensoleillement : au moins 5 à 6 heures de lumière directe par jour pour favoriser les plantes aquatiques.
- Distance aux arbres : évitez les zones sous grands arbres à feuilles caduques, dont les feuilles mortes envasent rapidement le fond.
- Point bas naturel : profitez d'une légère dépression du terrain pour limiter le terrassement.
Évitez également la proximité immédiate d'une terrasse fréquentée : les mares attirent moustiques et amphibiens, mieux vaut un peu de recul si vous avez de jeunes enfants.
Les étapes pour creuser sa mare naturelle
Voici la méthode la plus courante, applicable à une mare de taille moyenne (6 à 10 m²) :
- Tracer la forme au sol avec un tuyau d'arrosage souple, en évitant les lignes trop géométriques.
- Creuser en paliers successifs : une zone de berge peu profonde (10-20 cm), un palier intermédiaire (40 cm) et une fosse centrale (60 à 80 cm) qui évite le gel complet en hiver.
- Retirer cailloux et racines, puis tapisser le fond d'un feutre géotextile protecteur.
- Poser une bâche EPDM (épaisseur 0,75 à 1 mm), matériau le plus durable, garanti 20 à 30 ans par la plupart des fabricants.
- Recouvrir les bords de terre et de pierres plates pour dissimuler la bâche et faciliter l'accès des animaux.
- Remplir avec de l'eau de pluie collectée, jamais d'eau du robinet chlorée qui déséquilibre le milieu.
Définition express
Une mare naturelle est un point d'eau stagnante de faible profondeur, sans circulation forcée ni traitement chimique, conçue pour accueillir une faune et une flore spontanées : amphibiens, insectes aquatiques, oiseaux et plantes indigènes, dans un équilibre autonome.
Quelles plantes choisir
Privilégiez des espèces locales, disponibles en pépinières spécialisées en plantes aquatiques :
- Berges : iris des marais, menthe aquatique, carex.
- Zone intermédiaire : plantain d'eau, myosotis des marais.
- Eau libre : nénuphar nain, potamot, qui limitent le développement des algues en captant les nutriments.
Bannissez les espèces exotiques envahissantes comme la jussie ou l'élodée du Canada, interdites à la vente en France depuis l'arrêté du 14 février 2018 relatif à la prévention de l'introduction d'espèces exotiques envahissantes.
Attirer la faune : ce qu'il faut savoir
La colonisation se fait naturellement, souvent en quelques semaines seulement. Les libellules pondent dès le premier été, les grenouilles et crapauds arrivent généralement au bout d'un an, une fois la végétation installée. Pour accélérer et diversifier ce processus :
- Laissez un tas de bois ou de pierres à proximité pour l'hivernage des amphibiens.
- Ne comblez jamais la mare en automne : les larves y passent l'hiver.
- Installez une pente douce d'un côté pour permettre aux hérissons et petits mammifères de sortir facilement s'ils tombent dedans.
Ce type d'aménagement complète utilement les autres gestes en faveur de la biodiversité du jardin, comme la prairie fleurie ou l'hôtel à insectes.
Entretien : le minimum nécessaire
Une mare bien conçue demande peu d'entretien, contrairement à un bassin classique :
- Retirer les feuilles mortes en excès à l'automne, sans vider le milieu.
- Diviser les plantes envahissantes tous les 2 à 3 ans.
- Ne jamais introduire de poissons rouges, qui détruisent les pontes d'amphibiens.
Ce faible niveau d'entretien s'inscrit dans une logique d'aménagement extérieur raisonné, proche des principes développés dans nos dossiers sur l'écologie appliquée au jardin.
Questions fréquentes
Quelle surface minimale pour une mare naturelle ?
Dès 2 à 3 m², une mare attire déjà des insectes et quelques amphibiens. Au-delà de 6 m², la diversité biologique augmente nettement grâce à une meilleure stabilité thermique de l'eau.
Faut-il une autorisation pour creuser une mare ?
En dessous de 100 m² et 2 m de profondeur, aucune déclaration n'est généralement requise en France. Au-delà, renseignez-vous en mairie, certaines communes appliquant des règles locales via le plan local d'urbanisme.
Combien de temps avant de voir des grenouilles ?
Comptez généralement une saison complète, parfois deux, le temps que la végétation s'installe et que les amphibiens repèrent le nouveau point d'eau, souvent via les mares voisines.
L'eau de la mare doit-elle rester claire ?
Non, une eau légèrement verte ou trouble au printemps est normale : c'est le signe d'un écosystème vivant. Elle se stabilise généralement après un ou deux ans d'équilibre biologique.
Peut-on faire une mare sans bâche ?
Oui, sur sol argileux naturellement imperméable, une mare d'argile compactée peut suffire. C'est plus économique mais moins fiable en cas de sol perméable ou fissuré.
Pour aller plus loin : repères vérifiables
Ajouter profils de berges, profondeur, étanchéité, colonisation spontanée, sécurité et interdiction d’introduire des espèces prélevées. Cette mise en perspective évite de transformer un ordre de grandeur ou une recommandation générale en règle absolue. La situation réelle dépend du lieu, de la saison, du matériel et du protocole d’observation ou de mesure.
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